POLLUTION PLASTIQUE, RESPONSABILITÉ PARTAGÉE ?
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Coca Cola, les fabricants d'emballages, l'industrie du tabac, jusqu'aux gouvernements... Tous cautionnent la pollution plastique à une échelle mondiale. Derrière chaque bouteille plastique retrouvée dans la nature, il y a plusieurs coupables, mais seul l'un d'entre eux a écrit son nom dessus.

C’est un fait connu de tous, nos océans se gorgent de plastique à une vitesse folle. Le polystyrène, les macro et micro plastiques, les filets de pêche, les pneus, les mégots de cigarettes jonchent nos plages et nos fonds marins.

Rappel sur les chiffres liés à la pollution plastique dans notre article

La première action, la plus évidente, la plus pragmatique est de tenter de réparer le dommage, en retirant le plastique purement et simplement, réparer une fois que le mal est fait, mais nous choisissons également de penser le problème et ses solutions à sa source.

Cette pollution est la résultante d’une systémique mondiale d’usages et de consommation si vaste et complexe qu’il est presque impossible de l’intégrer dans son ensemble. Alors le consensus actuel visant à accuser et culpabiliser l’individu dans ses choix de consommation fait norme. Présence d’un déchet dans la nature, la faute revient à celui qui l’a laissé là. C’est un raccourci simpliste qui permet d’accuser l’anonyme et l’invisible, le pollueur, c’est vous, c’est moi, c’est tout le monde et personne à la fois.

Prenons le même déchet et regardons le d’un autre angle, non pas qui l’a laissé là, mais qui l’a produit. Qui a choisi de fabriquer et de vendre cet objet polluant et bien souvent superflu, tout en connaissant son destin. Le plus grand paradoxe étant qu’en général, le pollueur a signé son oeuvre.

Nous avons développé dans notre article sur le plastique comme produit dérivé du pétrole, pourquoi le recyclage est une fausse solution, pourquoi la réflexion sur la pollution plastique doit se faire de façon globale, et pourquoi le problème doit être combattu à la source. Qui sont les architectes de la transformation du plastique vers un usage unique et polluant, vers un déchet prêt à l’emploi, dont les consommateurs ne sont que le bras armé?

Qui sont les fabricants de cette machine à détruire les écosystèmes?

 
 
Les fabriquant de bouteilles

Coca Cola Company, c’est près de 2 milliards de doses de soda vendues chaque jour, pour un total de 110 Milliards de bouteilles produites par an, une benne à ordure par minute déversée dans les océans

Coca Cola de plus, refuse ouvertement, face à nous et face au monde de faire un pas vers une production plus respectueuse de l’environnement. Ils ont fait le choix du mensonge et de l’irresponsabilité.

plastique

Nous pourrions ajouter que de façon générale, les bouteilles en plastique représentent 14% de la pollution des océans, et que leur production n’est pas une fatalité mais un choix. N’oublions pas que les marques d’eau ne fabriquent pas d’eau, uniquement du plastique

Derrière chaque bouteille plastique retrouvée dans la nature, il y a plusieurs coupables, mais seul l’un d’entre eux a écrit son nom dessus.

 
Les emballages alimentaires.

17 millions de barils de pétrole, c’est ce que représentent la part de l’emballage alimentaire à usage unique.

Selon une étude Break Free from Plastic, Nestlé (Nespresso, Vittel, KitKat, Garnier, Friskies) arrive en seconde place derrière Coca Cola lorsqu’il s’agit de remplir nos mers de plastique. Ils sont suivis de près par Mars (Uncle Ben’s, Ebly, Twix, Snickers, M&M’s), Procter & Gamble (Tampax, Gillette, Febreze, Pampers, Head & Shoulders), et Unilever (auprès de qui nous travaillons aujourd’hui bien pour diminuer leur impact).

La production et le rejet dans la mer de ces milliers de tonnes de plastiques chaque année sont autant de la responsabilité des producteurs que des consommateurs qui les financent, à la différence que les producteurs-lobbyistes, ont une marge de manœuvre économique et politique. Les consommateurs, eux, ne vont qu’à la facilité, et bien souvent à la nécessité, faute d’avoir un quelconque pouvoir d’action ou de décision sur le modèle capitaliste que ces entreprises encouragent.

Les mégots de cigarettes

Ce n’est plus un tabou, un mégot de cigarette pollue jusqu’à 500 litres d’eau, et il en sont jetés 135 millions chaque jour. Ces mégots ont de fortes chances de finir tous dans nos océans. 

Alors encore une fois, il est facile de rejeter la faute sur qui le jette, c’est un acte si banal et si irresponsable que l’accusation du fumeur nous évite d’avoir à chercher plus loin. Et pourtant, la responsabilité de la production de ces déchets revient en quasi totalité à seulement 4 entités : Altria, Imperial Brands, British American Tobacco, et Philip Morris, dont le chiffre commun avoisine le milliard d’euros, chaque seconde.

mégots

Elise lucet nous développait dans son émission, comment les industriels du tabac écrivent, parfois, eux-même la loi. Comment ils vantent les économies sur les retraites engendrées par la mort des fumeurs, etc.

Au delà de la mort des fumeurs, notemment causée par le recyclage de déchets industriels toxiques dans le traitement du tabac, c’est la mort des écosystèmes marins que ces multinationales actent, main dans la main avec les institutions politiques.

 
Les gouvernements, grande caution de la pollution océanique.

Alors comment se fait il, sachant aujourd’hui la responsabilité que porte chacun dans la destruction de océans, et dans la mise en danger de la vie sur terre, que rien ne soit fait à cet encontre, que la responsabilité semble encore incomber au consommateur, privé de tout pouvoir décisionnaire, de tout pouvoir d’action, car bien trop souvent concentré sur sa propre survie dans un monde productiviste et asservissant.

Il est clair que les gouvernements s’alignent sur les objectifs financiers et les besoins du grand capital, comme nous le montre clairement le reportage d’Élise Lucet, ou encore le simple constat des mesures prises en faveur de la surpêche (7 milliards d’euros débloqués pour relancer l’économie de la pêche), les fausses mesures d’interdiction de plastique à usage unique, ou encore plus récemment, l’opportunisme épidémique dont ont fait preuve les industriels en période de coronavirus.

Nous nous sommes nous mêmes heurtés plusieurs fois à l’appareil étatique, voyant avec incompréhension nos projets de dépollution des fleuves de France tués dans l’oeuf par une administration lente et réticente à un changement profond de direction.

Si les déchets dans la mer sont nombreux, autant le sont les responsables du désastre. Il nous faut lutter contre les coupables systémiques autant que contre nous même.

Bonus spécial Océan : Les navires, ou la pollution invisible

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150 000 tonnes d’hydrocarbures sont déversées en mer chaque année pat le transport pétrolier. 400 000 tankers qui sillonnent les océans, laissent derrière eux leurs eaux de ballast souillées, et les vapeurs de leurs moteurs à fuel lourd. Une centaine de pétroliers qui sombrent chaque année, emportant avec eux leur cargaison de pétrole…

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