Protection de l’océan : première préoccupation des Français, mais un manque criant de solutions concrètes

 

Selon une enquête exclusive Wings of the Ocean / Appinio, la protection de l’océan est la première source d’inquiétude environnementale des Français. 

Pollution plastique marine, état des récifs coralliens, acidification : ces sujets ne sont plus seulement envisagés sous l’angle de l’écologie, mais aussi comme des enjeux de santé, de qualité de vie et de transformation collective. Dès lors, le défi n’est plus seulement de sensibiliser à l’existence du problème, mais de formuler des propositions et informations claires, concrètes et accessibles sur les solutions et les moyens d’agir. 

Actualité publiée le 3 juin 2026

La protection de l’océan, première source de préoccupation environnementale

Réalisée en mai 2026, l’enquête vèle que les Français sont massivement préoccupés par les grands sujets environnementaux : 

 

Préoccupations des français sur les sujets environnementaux

 

  • 87,7 % sont « plutôt » ou « très » préoccupés par la protection des océans 
  • 86,8 % par la perte de biodiversité 
  • 85,9 % par l’accès à l’eau et la qualité des eaux douces 
  • 85,5 % par la pollution de l’air 
  • 84,1 % par le changement climatique. 

Ce niveau d’inquiétude, qui traduit un fort potentiel de mobilisation, contraste avec un déficit d’information préoccupant. C’est sur la protection de l’océan que l’écart est le plus marqué : 87,7 % des Français s’en disent préoccupés, mais seulement 55,8 % se sentent informés  soit 32 points d’écart, le plus fort de tous les sujets testés. Le potentiel de mobilisation existe ; les conditions pour le convertir en action manquent encore.

 

Niveau d'information des Français sur les sujets environnementaux

Zoom sur la pollution plastique : un enjeu de santé publique autant qu’environnemental

Combat-clé de Wings of the Ocean, la pollution plastique, qui impacte fortement l’océan, n’est plus uniquement perçue comme un enjeu environnemental, mais comme un enjeu de santé individuelle et collective 

  • 86,7 % des personnes interrogées estiment que la pollution plastique devrait être considérée comme un enjeu de santé publique 
  • 80,6 % considèrent qu’elle a un impact direct sur leur santé 
  • 78,7 % se disent préoccupés dans leur quotidien par ses impacts sur leur santé 
  • 52,1 % considèrent que les impacts sanitaires du plastique ne sont pas suffisamment pris en compte dans le débat public

 

Porter le changement : une responsabilité collective

 

Les entreprises et les industries sont placées au premier rang des responsables de la pollution plastique (25,90%), suivies par les gouvernements nationaux (23,2%), les consommateurs, (18,2%), les scientifiques et chercheurs (9,4%), les collectivités territoriales (8,5%), les organisations internationales (7,8%) et les ONG (7%).  

Mais lorsqu’on leur demande qui aura le plus d’impact réel sur le changement des comportements, les perceptions s’inversent légèrement : les consommateurs remontent en tête (25,3 %), suivis des entreprises (22,5 %) puis des gouvernements (17 %).  

Ce paradoxe révèle moins une contradiction qu’une conviction partagée : entreprises, pouvoirs publics et société civile doivent inscrire leurs engagements dans un continuum cohérent, à toutes les échelles. 87,4 % des Français estiment que les comportements individuels doivent être soutenus par l’action publique, 88,7 % que les lois seules ne suffisent pas sans accompagnement des citoyens et des entreprises, et 88,7 % que l’efficacité des actions repose sur une coopération entre les niveaux local, national et international. 

Le dossier brûlant de la pollution plastique en politique

 

Malgré la loi Anti-Gaspillage pour une économie circulaire (AGEC, 2020), qui impose la fin progressive des plastiques à usage unique à horizon 2040, et la loi Climat et Résilience, qui fixe un objectif de 20 % de produits sans emballage d’ici 2030 dans les grandes surfaces, les changements peinent à s’ancrer dans les pratiques industrielles puis individuelles. Les Français le ressentent : 57 % estiment que les lois françaises ne sont pas suffisamment ambitieuses, 61 % jugent qu’elles ne sont pas correctement appliquées, et 60 % considèrent que les contrôles et sanctions sont insuffisants. 

Pourtant, le sujet refait surface dans le débat public. Il figurait parmi les thèmes centraux du One Health Summit à Lyon en avril 2026, et fin mai, le président Emmanuel Macron demandait au gouvernement d’engager une concertation sur la consigne pour recyclage des bouteilles plastique, notamment pour mettre la France en conformité avec les normes européennes. Une dynamique que 52,1 % des Français jugent encore insuffisante au regard de l’ampleur du problème.

De la décision publique aux actions du quotidien, l’océan se protège depuis chez nous 

Pour Wings of the Ocean, la protection de l’océan repose sur l’alliance de trois leviers indissociables, que les résultats de l’enquête viennent confirmer.  

  • Des décisions politiques ambitieuses et correctement mises en œuvre : quand on demande aux Français ce qui est important pour faire appliquer concrètement les lois, quatre leviers ressortent à égalité, chacun jugé prioritaire par 73 % des répondants : l’accompagnement opérationnel à la mise en application, l’accompagnement pédagogique, l’accompagnement à l’évaluation et la mesure des résultats, et l’allocation de budget aux structures de terrain. 
  • Des collectivités locales outillées et visibles : 57% des Français font confiance aux actions menées à l’échelle locale (ville, région) pour réduire la pollution plastique. Pourtant, seulement 9 % se déclarent très informés des actions mises en place dans leur commune et 51 % se disent peu ou pas du tout informés. 
  • Des citoyens accompagnés pour agir sans culpabilisation : pour s’engager davantage, les Français attendent des résultats concrets et mesurables (45 %), des moyens pratiques et simples au quotidien (38 %), que les individus et les institutions prennent leurs responsabilités (34 %), des organisations transparentes en qui avoir confiance (26 %), et des solutions compatibles avec leur mode de vie (23 %). 

L’action locale, premier maillon de la chaîne

80 % des déchets marins proviennent du continent. Les territoires sont le premier maillon d’une chaîne qui mène de nos rues à l’océan, et l’état des lieux est alarmant : selon le rapport Réseaux nationaux de surveillance 2024 du Cèdre, on recense en France 449 déchets tous les 100 mètres de littoral, soit 22 fois la limite fixée par les normes françaises et européennes (20 déchets pour 100 mètres).

 

L’échelle territoriale est pourtant idéale pour passer à l’action : elle facilite la collecte de données, le suivi de leur évolution dans le temps, et favorise la réplicabilité des dispositifs qui fonctionnent. L’enquête le confirme : 80 % des Français se disent prêts à agir mais manquent de moyens concrets. C’est précisément ce manque que les communes ont le pouvoir de combler. 

Lutter contre la pollution plastique pour protéger l'océan

L’action locale, premier maillon de la chaîne

À l’échelle nationale, Wings of the Ocean soutient les demandes d’application ou de modifications des lois portées par les associations consœurs : 

  • L’appel à l’interdiction des filtres de cigarettes lancé par Surfrider, qui étend sa demande à l’interdiction en Europe des “pouches” et “puffs” – nicotine et cigarette à usage unique – déjà interdites en France depuis le 1er avril 2026 pour les pouches et le 25 février 2025 pour les puffs ; 
  • La demande de réforme du principe de la Responsabilité Elargie du Producteur (REP) de Zéro Waste France qui dénonce un système “Pollueur- Décideur” dans son dernier rapport 
  • La demande de mise en application des engagements des supermarchés pour la réduction des emballages plastiques à usage unique au regard de la loi Climat et résilience et de la loi AGEC, portée par No Plastic In My Sea dans sa dernière enquête avec Que Choisir Ensemble.

 

 

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