ELIMINATORS
Le projet scientifique ELIMINATORS vise à prélever de l’eau au large des ports pour étudier la plastisphère, l’écosystème qui se développe directement sur les microplastiques, grâce au sel, aux UV et au mouvement des vagues. L’objectif est de comprendre comment les microplastiques persistent, quels microorganismes s’y développent, et comment ce nouvel écosystème façonne l’océan.
Ce projet est porté par Eva Lallemand (Doctorante), sous la direction par Jean-Philippe Renault (DR CEA Saclay), Cécile Fischer (MCF UEVE) et Yves Boulard (DR CEA Saclay), en collaboration avec le CEA Paris-Saclay et l’Universite Paris-Saclay.
Étudier et comprendre la plastisphère
Ce programme s’inscrit dans la continuité de l’analyse de la vie d’un déchet sauvage au contact de notre environnement. Il permet d’observer ce qui se passe une fois le déchet arrivé dans l’océan et exposé aux bactéries qui s’y développent. La plastisphère, cet écosystème qui se forme à la surface des microplastiques lorsqu’ils sont au contact de l’eau, est un milieu miniature en constante évolution qui offre un terrain d’étude précieux pour analyser la façon dont les communautés microbiennes se développent et transforment ces fragments de plastique.
L’équipe du Kraken, accompagnée de bénévoles, a déjà récolté 7 échantillons d’eau de mer lors de ses navigations et escales. Ces échantillons ont été conduits dans l’Ecolab du Kraken pour être injectés dans des puces microfluidiques contenant du plastique (polyéthylène (PE) et polytéréphtalate d’éthylène (PET), les plastiques les plus fabriqués au monde), afin d’y observer les bactéries prélevées au large.
L’objectif est d’étudier la vie qui se développe à la surface des micro-plastiques, appelée plastisphère. Pour cela l’équipe de recherche souhaite identifier les premières bactéries colonisatrices du plastique, comprendre leurs interactions avec ce matériau, notamment en matière de biodégradation, étudier le développement du biofilm produit par les bactéries pour garantir leur survie et d’évaluer un potentiel lien entre les types de plastique et les communautés bactériennes observées.

Le laboratoire du Kraken : étude de la diversité microbienne
Aménagé dans une salle du Kraken, le laboratoire accueille l’installation de l’étude. Les prélèvements y sont stockés et les premières observations y sont réalisées. On s’intéresse aux bactéries qui s’installent à la surface des plastiques flottant dans l’océan.
Pour la campagne d’échantillonnage, des prélèvements d’eau de mer seront réalisés de juin à octobre, au cours de la mission Kraken.
Aménagé dans une salle du Kraken, le laboratoire est équipé d’un dispositif pouvant accueillir six petites puces micro-fluidiques ainsi qu’une rosace. C’est dans cet espace que les prélèvements sont conservés et que les premières observations sont réalisées.
Pour étudier le développement des bactéries, les micro-plastiques placés dans les puces sont exposés à l’eau de mer pendant 7 jours. Tout au long de l’expérience, le liquide qui circule dans les puces est régulièrement prélevé. Il contient des informations sur l’évolution des bactéries et sur la dégradation du plastique. À la fin de l’expérience, l’ADN des bactéries est fixé pour pouvoir identifier exactement quelles espèces se sont développées sur les plastiques durant ces quelques jours. On parle alors de bactéries primo-colonisatrices. L’analyse de ces liquides, appelés effluents, permet de comprendre comment les bactéries dégradent le plastique, ce qu’elles consomment et ce qu’elles rejettent.

